Histoire de l'humanité [Nova]

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Histoire de l'humanité [Nova]

Message  Apeiron le Mer 16 Jan - 16:04

La fin de la Terre divisée

La transition entre le XXème et le XXIème siècles AD [1] mettent fin aux utopies de la révolution industrielle : la chute de l'URSS marque l'échec historique de la notion de socialisme, les crises économiques successives remettent en question le modèle capitaliste, et les armes de destruction massives (atomiques, informatiques ou biologiques) ainsi que les crises environnementales (amenuisement de la couche d'ozone, montée du niveau des océans, retombées radioactives) et éthiques (clonage, OGMs, eugénisme, automatisation croissante) donnent à penser que la science créent davantage de problème qu'elle n'en résout. La surpopulation, la raréfaction des ressources, l'absence de solution aux crises politiques et économiques, le désenchantement du monde, le terrorisme (par exemple l'emblématique attentat multiple de 2001) et la montée des intérêts locaux ou individuels sont autant de facteurs érodant les sociétés et contribuant aux décisions pragmatiques basées sur l'intérêt seul où l'idéologie n'est plus qu'un prétexte dans des décisions politiquement correctes.

Pendant que les états géants (Etats-Unis, Chine ou Russie) tentant de maintenir leur cohésion et de rallier les pays voisins par la diplomatie (Accord de libre-échange nord-américain) ou la force (annexion du Tibet puis plus tard de Taïwan par la Chine), les petits états se regroupent en des alliances plus ou moins fortes (Union Européenne, Dar al-Islam, Union des nations sud-américaines) dans le but de favoriser leurs développements (accords douaniers, programmes spatiaux ou recherche d'hydrocarbures par exemple) par opposition au marché global ou aux autres régions, ou tout simplement de résister ensemble aux pressions économiques ou politiques des autres alliances. Les autorités mondiales (Organisation des Nations-Unies, Fond Monétaire International, etc.) voient pendant ce temps leur pouvoir de plus en plus réduit, voire bafoué. Les mesures successives de médiation militaire ou de sauvetage du système banquier (par exemple la crise grecque de 2010) afin de prévenir les débordements devenaient de plus en plus fréquentes et improvisées, sans que les situations traitées s'améliorent réellement. Le monde était mûr pour les troubles à venir.

Les tensions se cristallisèrent en plusieurs points, notamment entre la Russie et la Chine (la Russie ayant une opinion publique plus favorable malgré l'incident ukrainien de 2023, à cause de la manifestation de Lhassa de 2027 réprimée dans le sang), entre la Corée du nord et la Corée du Sud (avec l'implication de la Chine, du Japon et des Etats-Unis), entre l'Inde et le Pakistan (pour le contrôle de la région du Cachemire, importante pour l'agriculture) et d'autres zones où les conflits devenaient permanents, comme la zone israëlo-palestinienne (conflit ethnique et religieux) ou les états africains (conflits ethniques alimentés par les seigneurs de guerre). Tout ceci fût malgré tout sans commune mesure avec la catastrophe de Téhéran, qui fit exploser en 2032 une bombe nucléaire dans sa propre capitale lorsque celle-ci fut prise par l'armée américaine, ce qui acheva de raidir les positions diplomatiques. Le monde musulman appela un nouveau djihad, qui se concrétisa par une vague de terrorisme (notamment la destruction partielle de Londres en 2034), des émeutes dans certains pays modérés du monde musulman, mais surtout l'attentat de Srinagar qui dégénéra en conflit armé, pendant que P'yŏngyang profitait de l'occasion pour envahir la Corée du Sud et lancer un ultimatum au Japon, qui répliqua en occupant les rochers Liancourt.

Les conflits qui suivirent furent sanglants. L'Occident (Amérique et Europe) ne fut pas touché directement mais subit une vague ininterrompue de terrorisme qui dura jusqu'à ce que la loi martiale soit déclarée. L'essentiel du conflit se déroula en Asie, notamment à Gaza, au Cachemire et en Corée du Sud, pendant que des pays comme la Russie (Ossétie du Sud et Abkhazie) et la Chine (Taïwan) en profitaient pour régler de vieux compte. D'autres conflits éclatèrent, notamment en Asie mineure, au moyen-orient ainsi qu'en Afrique, où les pays les plus agressifs profitèrent de la complaisance internationale pour perpétuer génocides et guerres éclairs. Contrairement à l'Europe (hormis l'Angleterre), la mobilisation des Etats-unis pour soutenir son allié japonnais et ne pas laisser la zone sous contrôle chinois se fit rapide. La Russie resta neutre dans le conflit japonnais en échange de la reconnaissance des îles Kouriles. L'Europe fut occupée à maintenir une position diplomatique face à la Russie et aux pays musulmans de Méditerranée, ce qui fut l'occasion de mettre en pratique les diverses promesse d'organisation militaire commune, et la création d'une armée européenne. Pendant que le conflit pakistano-indien commençait à déborder du cadre du seul Cachemire et que les deux états préparaient leurs missiles balistiques, le débarquement américain à Séoul malgré les avertissements chinois fit entrer officiellement en guerre la Chine contre les Etats-Unis.

La perspective d'une guerre conventionnelle entre ces deux états géants était inenvisageable car ils disposaient alors des plus puissantes économies et armées de l'époque, et le conflit n'aurait pas seulement causé des millions voire des milliards de morts, mais probablement anéanti l'essentiel de forces en présence, ne laissant à l'hypothétique gagnant que des ruines. Les deux états-majors décidèrent en même temps d'utiliser l'arsenal nucléaire pour forcer l'autre à capituler rapidement et sans condition. Pékin et New-York furent rasés de la carte à quelques minutes d'intervalle une heure à peine après l'entrée en guerre, et les deux états présentèrent leur reddition en même temps, mettant fin au conflit le plus court et le plus meurtrier de l'histoire. Les deux états créèrent rapidement une autorité mondiale commune pour empêcher une telle chose de se reproduire, avec pour mission de respecter les politiques locales et de faire cesser les conflits, et en la dotant de la puissance militaire nécessaire pour garantir son autonomie et son efficacité. Le monde ravagé allait connaître la paix armée.

[1] Anno Domini
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Re: Histoire de l'humanité [Nova]

Message  Apeiron le Jeu 17 Jan - 18:01

Le gouvernement mondial

Au départ l'autorité mondiale voulue par la Chine et les États-Unis ne devait être qu'une ONU capable de résister directement à un état-nation, quitte à être strictement contrôlée par des émissaires de l'ensemble des différents pays, en particulier la Chine et les États-Unis eux-mêmes. L’Amérique du Nord et l'Asie de l'Est (le Japon suivant les Etats-Unis et la Corée suivant la Chine) adoptèrent le projet, de même que l'Europe embourbée dans le terrorisme et prête à fournir son expérience issue de la constitution de l'UE (ce qui, avec l'impossibilité d'établir le siège de la nouvelle organisation en Chine ou aux Etats-Unis pour ne pas froisser l'autre, mena au choix de Genève). L'Inde et le Pakistan préférèrent s'en remettre à la nouvelle autorité plutôt que de lancer leurs bombes, et les chefs de guerre africains essuyant famines, émeutes et maladies firent des concessions afin de recevoir l'aide internationale. L'Amérique du sud alors en plein essor et la Russie, faiblement touchée par le conflit et ayant même un peu étendu ses possessions, acceptèrent le principe afin de ne pas se retrouver isolées mais entamèrent des négociations pour des garanties fortes. Le Dar al-Islam refusa ce qui était perçu comme une domination étrangère en menaçant l'approvisionnement mondial en pétrole. L'invasion quasi-immédiate des principales capitales islamiques et la menace de lancer une ogive nucléaire sur la Mecque força la paix, et mit fin aux négociations interminables avec les indécis. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes semblait bien passé de mode.

Suite à la déclaration unilatérale de paix mondiale et la mise en place d'observateurs dans l'ensemble des nations pour contrôler qu'aucune ne cherche à perturber l'ordre établi, la nouvelle organisation fût renommée Autorité pour l'Union Mondiale et obtint de nouveaux statuts en 2057 : l'AUM n'était plus seulement garante de la paix, mais remplaça activement les anciennes organisations mondiales (ONU, FMI, OMC, OMS, etc.) en intégrant et en élargissant leur champ d'action en une seule administration possédant des annexes dans tous les pays. Afin d'asseoir son autorité et de faciliter le travail de son administration elle profita de l'antagonisme de la Chine pour le calendrier chrétien en promulguant cette date comme an 0 du nouveau Calendrier Universel. L'AUM se caractérisa par une politique basée sur l'expertise et l'action immédiate, quitte à froisser l'opinion publique et à verser des compensations devant les tribunaux en cas de faute, et la nécessité de reconquérir régulièrement l'opinion publique tout en élargissant son emprise sur les ressources et les compétences la poussa à investir massivement dans l'infrastructure et les nouvelles technologies, tout en taxant sévèrement les comportements jugés perturbateurs (en particulier dans les domaines énergétiques et financiers, mettant fin ainsi aux excès du siècle dernier). Par exemple, elle fût la première à convertir l'ensemble de son système de communication à la nouvelle cryptographie quantique, et l'ouverture de ce réseau au public seulement deux ans plus tard aboutit à la mise en service de Globnet, qui remplaça rapidement Internet.

Les nouvelles normes déstabilisèrent certains pays, et malgré le succès global de ces mesures dû à la meilleure coordination mondiale, à l'investissement dans l'infrastructure et à la reconstruction après la guerre, des émeutes finirent par éclater qui fragilisèrent l'autorité mondiale. Il fallait trouver moyen de canaliser les peurs et les espoirs dans un projet fédérateur, et l'AUM choisit la conquête spatiale. Après avoir rassemblé sous son contrôle les différentes agences spatiales, l'industrialisation de la lune commença en engloutissant des milliards de le projet, qui furent rapidement rentabilisés par les nouvelles centrales à fusion nucléaire fonctionnant à l'hélium 3, garantissant ainsi à l'AUM une indépendance énergétique par rapport aux états (en particulier les anciennes républiques islamiques), un contrôle sur l'économie et assurant une énergie peu chère qui relança l'économie mondiale. L'humanité, brièvement mais pour la première fois, était unie. Mais si l'énergie n'était plus un problème immédiat les ressources premières (en particulier les métaux) posaient déjà un problème qui n'était que partiellement résolu par l'abondance énergétique et le recyclage. Avide, l'AUM se tourna alors vers un autre défi : la colonisation et l'exploitation de Mars.
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